Publié le 16 septembre 2020 par Philippe Noisette sur www.lesechos.fr

A Biarritz, la danse retrouve sa liberté

Premier des grands festivals chorégraphiques à reprendre depuis la pandémie, le Temps d’Aimer la Danse a renoué brillamment avec son public. Du Malandain Ballet à la danseuse Nach, le rythme aura été soutenu.

 

Thierry Malandain signe un « Mozart à 2 » délicieusement néoclassique, une suite de duos évoquant le sentiment amoureux…
Thierry Malandain signe un « Mozart à 2 » délicieusement néoclassique, une suite de duos évoquant le sentiment amoureux… (© Olivier Houeix)

 

Thierry Malandain a gagné quelques cheveux blancs cet été, pandémie oblige. En tant que chorégraphe tout d’abord : sa compagnie le Malandain Ballet Biarritz, à l’arrêt depuis fin mars, a mis les bouchées doubles pour signer son retour sur ses terres. En tant que directeur artistique ensuite : son festival Le Temps d’Aimer la Danse a dû gérer des contraintes sanitaires évolutives. Des jauges pleines le premier week-end… puis à moitié par la suite. Il aura fallu également renoncer aux rendez-vous de plein air dans toute la ville pour privilégier un seul lieu, le parc Mazon.

Pour le reste, cette édition du 30e anniversaire a fière allure. Malandain nous a régalés d’un « Mozart à 2 » délicieusement néoclassique. Soit une suite de duos évoquant le sentiment amoureux. Il y a parfois de l’orage dans l’air, une paire de gifles à l’appui, mais le plus souvent le mouvement épouse la passion. Le chorégraphe parvient à rendre sexy la musique de Mozart, osant un roulement de fesses ou une pirouette sur un bras.

En seconde partie de programme « Beethoven 6 » reprenait « La Pastorale » créée en 2019. Pièce de groupe, abondant en rondes ou en sauts, l’oeuvre est foisonnante. Les interprètes se coulent avec plus ou moins de bonheur dans ces attitudes sculpturales de profil. Débarrassé de son décor un rien encombrant pour cette nouvelle version, « Beethoven 6 » est une ode aux corps en liberté.

Solo ravageur

Tout le contraire du ballet de Christine Hassid Project, « N’ayez pas peur ! » dont on peine à comprendre l’enjeu. La chorégraphe multiplie les figures de style sans vraiment imposer sa gestuelle. Seul l’engagement des danseurs faisait plaisir à voir. En cette période de reprise ce n’est peut-être pas suffisant.

Nach a été la vraie sensation de ce premier week-end avec « Cellule », un solo rageur. La danseuse puise dans la gestuelle saccadée du krump, un style urbain venu de Los Angeles, matière à un autoportrait séduisant. Aidée du chorégraphe Heddy Maalem et du metteur en scène Marcel Bozonnet, elle impose sa danse toute en nuances. Sur la voix de Nina Simone, la soliste endosse différents personnages, le mouvement semblant parcourir tout son corps jusqu’aux extrémités des doigts. On ressort de cette « Cellule », secoué. Nach, talent à l’état brut, aura été la plus belle promesse du Temps d’Aimer.

 

Le chorégraphe parvient à rendre sexy la musique de Mozart.Le chorégraphe parvient à rendre sexy la musique de Mozart.© Olivier Houeix

Le Temps d’Aimer la Danse

Festival

A Biarritz, www.letempsdaimer.com

Jusqu’au 20 septembre

Philippe Noisette

 

Catégories : ACTUALITÉSFESTIVALS

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